Il existe, au cœur du palais, un endroit qui n’existe pas.
Un couloir imaginaire, tissé d’or, de velours, de jardins et de braises, là où toutes les couleurs se rejoignent, comme des souveraines convoquées pour un conseil secret.
On y entre sans bruit, comme on ouvre un livre ancien.
D’un côté, les ors respirent encore la poussière du soleil.
De l’autre, les verts murmurent la sagesse des bosquets.
Plus loin, les rouges veillent, braises tièdes prêtes à ranimer les feux intérieurs.
Chaque teinte détient sa mémoire, son éclat, son humeur.
Mais ici, dans cette perspective irréelle, elles avancent ensemble, doucement alignées,
comme une procession silencieuse de reines chromatiques.
Polychromie Royale, c’est cet instant suspendu :
la rencontre rare où toutes les nuances du château
cessent de régner séparément
pour tisser une seule et même histoire.
L’histoire d’un palais qui ne se raconte pas par les mots,
mais par la lumière,
par les ombres,
par les couleurs que le temps a laissées derrière lui
comme autant de preuves d’une splendeur qui refuse de disparaître.
Une carte du royaume des couleurs.
Une procession.
Une vision.
Un chœur chromatique.
Un Versailles recomposé, dans toute sa majesté.